Quels sont les risques d’utiliser FaceApp ?

Depuis quelques jours et surtout depuis le mercredi 17 juillet à cause d'un challenge lancé sur Facebook, le nombre de téléchargement de cette application est en forte hausse. Le challenge consiste à se photographier et utiliser un filtre pour se vieillir.

Toutefois, bien que cette application soit gratuite et notamment le fameux filtre pour vous permettra de vieillir, sachez qu'il vous en coutera quelques euros pour bénéficier de l'ensemble des filtres. Comme d'habitude quand c'est gratuit, cette application vous demandera quelques données personnelles et en récoltera à votre insu via votre smartphone. La principale donnée étant votre image, que vous envoyez sur leur serveur, on ne sait pas trop où sur la planète internet, à priori sur des serveurs Amazon, ce qui est étrange pour une entreprise Russe.

Dans ses conditions d’utilisation, FaceApp indique disposer également de la possibilité d’utiliser à sa convenance d’autres informations liées à votre utilisation de l’application, comme votre nom d’utilisateur si vous en définissez un. Enfin, si FaceApp se fait racheter, plus tard, par une autre entreprise, cette dernière aura les droits d’utiliser de la même manière toutes les photos et informations des utilisateurs.

En cas de contestation ou de réclamation, sachez que le siège de FaceApp est situé actuellement à Saint-Pétersbourg en Russie, et que son responsable en est son fondateur et dirigeant, Yaroslav Goncharov. Ce qui pourrait compliquer un poil votre demande d’accéder à vos informations personnelles, ou de les supprimer.

Dans ses précisions données au site TechCrunch, FaceApp a bien reconnu une procédure pour demander à ses équipes de supprimer toutes les données personnelles vous concernant, mais elle est quelque peu baroque : il faut aller dans le formulaire « signaler un bogue » et écrire « privacy » (vie privée) dans le début de votre demande. En espérant qu’elle puisse être traitée par la suite, car les équipes de FaceApp sont actuellement « surchargées », selon la même source.

Enfin, il apparaît que FaceApp n’est actuellement pas en conformité avec le règlement européen des données personnelles (RGPD), précise Le Figaro, alors que les conditions d’utilisation de l’application n’ont pas été mises à jour après son entrée en vigueur en 2018. Elles ne prévoient donc pas que les données de ses utilisateurs européens soient protégées en fonction des lois européennes, même si FaceApp décide de transférer leurs photos en dehors de l’Europe.

Si vous êtes bien conscients de tout ce qui est écrit plus haut, et que ça ne vous pose pas de problème d’envoyer des photos de vous à une entreprise russe qui pourra faire ensuite ce qu’elle veut de vos images, vous êtes mûrs pour installer l’application. Nous chez A3sys, nous avons choisi de ne pas le faire. Et, aux Etats-Unis, le parti démocrate a officiellement conseillé à ses candidats à la primaire, en vue de l’élection présidentielle de 2020, de ne pas utiliser FaceApp, en raison de l’origine russe de l’application.

En tout cas, nous vous déconseillons formellement de charger dans FaceApp des photos de vos proches, ou d’inconnus, afin de savoir à quoi ils ressembleraient avec soixante ans de plus, un sourire, des cheveux, ou une barbe. Vous ne voudriez pas que FaceApp fasse ce qu’elle veut de leur photo sans leur consentement explicite…

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